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« Je peux choisir n’importe quel espace vide et décider qu’il s’agit d’une scène nue.
Un homme le traverse et un autre le regarde : il suffit de cela pour qu’une action théâtrale commence. »
Peter Brook, The Empty Space, 1968

SYNOPSIS ET RECHERCHE
Quel est mon espace ? Comment l’habité-je ? Avec qui le partage-je ? Qui en est exclu ?
Nous ne donnons pas de réponses à ces questions : nous les provoquons, puis nous les poussons à leur extrême.
Par le jeu, ensuite, nous « envahissons » le public, le rendant protagoniste, abolissant ainsi la convention de l’espace scénique : chaque recoin devient, en puissance, un espace poétique, une opportunité d’expression et de partage.
Trois voyageurs apparaissent, dont on ignore — à la manière beckettienne — d’où ils viennent ni où ils vont. Peut-être eux-mêmes ne le savent-ils pas.
Ils sont les symboles du voyage comme traversée, partagée avec un public accompagné, provoqué et impliqué dans le jeu — parfois comique, parfois dramatique — du spectacle.
Inévitable, surtout en cette période historique, s’impose une réflexion politique : les inégalités, la domination, l’exploitation environnementale et sociale révèlent une gestion violente et dysfonctionnelle des espaces du monde. Mais en même temps apparaît la nécessité d’habiter de manière plus saine l’espace intérieur : le monde des émotions et des idées d’où naît le mouvement, dont la musique est l’expression la plus essentielle.
Images, jeux et relations s’entrelacent pendant quarante minutes.
Puis, les voyageurs trouvent leur chemin.
Ce qui demeure, ce sont les questions que nous espérons avoir éveillées, la faim de partage, d’ouverture et de dialogue.

CIRQUE
La jonglerie avec des balles, tout comme les éléments de contact et d’acro-danse, sont présents dès le début — non pas comme une démonstration de virtuosité, mais comme un véhicule expressif.
La technique n’est pas une fin en soi, mais un moyen de donner énergie et dynamique à la réflexion du spectacle, tandis que la musique et les effets sonores, joués en direct et en dialogue constant avec les corps, constituent le fil conducteur et l’amplification du monde intérieur des personnages.
Le cirque, dans ce sens, devient le moyen le plus efficace d’exprimer l’idée du spectacle : le corps poussé à l’extrême et la manipulation virtuose d’objets aussi simples qu’évocateurs — comme des sphères blanches — forment la grammaire à travers laquelle les personnages s’expriment, suscitant des réflexions et des images tantôt limpides, tantôt oniriques et ouvertes à l’interprétation.
BRUITAGE
Le spectacle est entièrement soutenu par la musique jouée en direct et intégrée organiquement à la dramaturgie.
En plus d’instruments électroniques et électroacoustiques (basse, guitare, synthétiseurs, drum machine, effets analogiques et numériques), divers matériaux et objets de récupération — plastiques, métaux, feuilles sèches, peignes en bois — sont utilisés pour exploiter leurs qualités sonores et les intégrer à la composition musicale.
Chaque élément sonore accompagne, influence ou raconte les mouvements de la scène, suivant le fil rouge d’une tradition séculaire qui comprend le théâtre Nô japonais, le théâtre balinais et le cinéma contemporain.
Ainsi, la musique n’est pas une simple bande sonore, mais une matière vivante, un geste scénique, une action.

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ÉQUIPE ARTISTIQUE
Mise en scène Collective
Interprétation: Jeanine Ebnöther Trott
Stefano Belluscio
Camilo Daouk
Musique: Stefano Belluscio
Costumes: Julia Rempe